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LES DOSSIERS TECHNIQUES
La Gestion différenciée Ou
Mettre en exergue les potentialités environnementales d’un site
UN EXEMPLE : LE SIÈGE SOCIAL D'ESTERRA à
LEZENNES
Le projet ESTERRA à
Lezennes a dans ses objectifs de renforcer son image de marque par la création d’un site neuf avec un esprit neuf, afin de favoriser la communication,
d’améliorer l’identité des collaborateurs, d’être sensible aux devoirs citoyens, de soigner l’environnement,…
Nous avons développé
l’aspect humain, l’aspect visuel et image, l’aspect patrimoine,… lors de la réalisation du projet. L’aspect environnemental a déjà eu pour effet que l’entretien
des espaces verts a été réalisé de manière à créer le moins de déchets possible (broyage, fagotage,…), des matériaux de récupération ont été employés pour la
création des parkings (cassons, schiste,…), des matériaux déposés seront réutilisés lors du chantier,…
Les choix des techniques et
des plantations montrent également que l’environnement est pris en compte dès les prémisses du chantier.
Nous savons également que
le site de l’ancien fort de Lezennes est repris dans la carte des "sites sensibles" de la Métropole lilloise et qu’il est le seul répertorié sur plusieurs
kilomètres carrés.
Hormis la protection et le
développement de l’environnement, la gestion différenciée a également comme avantage de permettre d’entretenir plus d’espaces verts avec les mêmes ressources
humaines (+- 50% d’espaces verts en plus) et donc de consommer moins d'énergie pour son entretien.
LA METHODE
La gestion différenciée a
pour but de conserver les intérêts écologiques d’un espace vert tout en permettant un développement écologique harmonieux avec la destination du site. C’est à
dire que l’on souhaite éviter de détruire la faune et la flore existante et se donner les moyens de permettre l’installation de flores et faunes complémentaires
en fonction du type d’aménagement et d’entretien que l’on effectue sur le site.
Les intérêts de la gestion
différenciée se situent à plusieurs niveaux.
- Il y a bien sûr
l’environnement : Cela permet aux espèces de se développer et de se multiplier.
- l’aspect social est très
important, les tendances de fond sont au respect du plus grand nombre, de l’humain et certainement du plus faible (la nature) et chacun cherche à léguer une
terre propre à ses enfants.
- La pédagogie peut
utiliser également ces sites pour montrer aux enfant et aux adultes ce que peut être la nature (flore, faune,…) quand ont la respecte.
- Le choix de la méthode
peut également être interprété comme une compensation environnementale par rapport à d’éventuels dommages que l’on engendre.
- Nous avons également vu
que la gestion différenciée permettait de mieux utiliser les ressources humaines et de consommer moins d'énergie
La mise en place d’un plan
de gestion différenciée doit suivre une certaine procédure afin d’être rigoureux et de permettre une analyse fine au cours des années qui suivent.
Nous avons donc:
- Fait un inventaire
exhaustif des espèces présentes sur le site et relevé ses potentialités.
- Établi un plan de gestion
clair et rigoureux qui permet d’envisager les entretiens en fonction des objectifs choisis
- Nous allons entretenir
les sites en fonction du plan, mais également suivre scientifiquement l’évolution de l’environnement pour réadapter ces plans en fonction de données nouvelles.
- Nous souhaitons analyser
les résultats et les communiquer dans la plus grande transparence.
Le projet ESTERRA-Lezennes
utilisera cette méthode de gestion pour deux zones distinctes.
- La première engloberait
l’accueil du site, quelques mètres de part et d’autre des circulations, les abords immédiats des bâtiments où l’entretien sera réalisé de manière très
rigoureuse et nette et les plantations horticoles seraient bien soignées.
- La deuxième zone
reprendrait le solde (Nous avons d’ailleurs découvert une belle station d’ail des ours, de violette odorante,…), les fourrés, les haies en limite, les prairies,
les vestiges du forts, les abords du grand parking,…. Là, les aménagements et l’entretien consisteraient à permettre le développement de nouvelles espèces, à
éviter les tailles intempestives, à créer du compostage, à être parcimonieux dans l’usage des produits phytopharmaceutique, à faucher tardivement les prairies,…
L'analyse environnementale
du site nous a indiqué qu'il est possible de préconiser 10 secteurs à vocation de gestion différenciée. Ces secteurs ont surtout été défini en fonction de
l'homogénéité de leur habitat.
(Voir PLAN Gestion
Différenciée)
Secteur 1 : la
pelouse ouest
Cette
pelouse peut offrir une transition intéressante entre espaces plus horticoles et espaces plus écologiques. Sa composition est relativement diversifiée et
l’entretien différencié devrait permettre de la maintenir dans un état satisfaisant, mélange de graminées et de quelques dicotylédones fleuries. Entretien à
prévoir en trois à quatre tontes uniquement d’avril à septembre, toutes exportatrices. Laisser une période sans tonte de fin mai à fin juin sauf si “l’image”
paraît trop enfrichée pour les utilisateurs du site.
On
essaiera, par cet entretien et par quelques semis ou plantations complémentaires de créer et d’étoffer une lisière plus fleurie qui ne sera fauchée que une ou
deux fois par an (exportation), si possible après fin juillet-août, idéalement en septembre.
Cette
lisière, transition avec les arbres proches, sera sinueuse entre les arbres et la pelouse “classique”, tondue 3 à 4 fois dans l’année.
Secteur 2 : le
boisement ouest
Au
niveau du sous-bois, recéper régulièrement les rejets d’ormes et favoriser certaines essences ombrophiles, telles que : Groseillier rouge, Cassis, Houx,…
Par
ailleurs, on pourra composer autour de certains arbres, outre les espèces arbustives ci-dessus, un sous-bois de nature forestière avec quelques herbacées plus
ou moins ombrophiles.
Sur
l’espace didactique, le couvert sera plus léger (un arbre central maintenu) et on pourra semer des espèces prairiales plus héliophiles . Un talutage modéré (+-1
mètre) est proposé autour de cette zone sur environ ses 2/3 afin de l’isoler plus ou moins physiquement (sensation de quiétude). Quelques arbustes maintenus
buissonnants sont à disposer sur la crête et le haut de pente et feront la transition avec un semis fleuri.
Secteur 3 : la haie
Nord et les talus vers le parking
Pour
ce côté exposé au nord/nord-ouest, il paraît souhaitable de densifier la haie de type bocager à dominante d’Orme champêtre et d’Aubépine monogyne. L’Orme étant
fréquemment malade (graphiose), nous pouvons favoriser le Frêne commun en remplacement progressif.
Pour
le talus herbacé donnant sur le parking (face Nord-ouest du parking). La lisière arbustive précédente sera sinueuse et s’insérera dans le mélange herbacé qui
s’étalera jusqu’au pied du talus vers le Parking
Secteur 4 : le fossé
et les ruines
Le
fossé pourrait être plus dégagé dans sa partie proche du pont afin d’y trouver une ambiance de douves. Dans cette optique, le drainage du parking pourrait être
ramené vers ce fossé dont on retiendrait une partie de l’eau.
Pour
les ruines au sol, on laissera uniquement celles en blocs massifs afin de ne pas donner une image de déblais (briques cassées, etc.). En revanche, on dégagera
plus ou moins ces blocs afin de bien retracer la structure bâtie initiale.
Pour
les ruines verticales, dégager un peu le lierre et quelques arbustes sur le haut et la crête tout en laissant suffisamment de lierre, l’objectif étant de
montrer la reconquête par la nature.
Pour
le talus donnant sur le fossé, un couvre-sol de type lierre paraît le plus adpaté et quelques plantes de sous-bois, pourraient apporter quelques notes de
diversité et de couleur.
On
pourra étudier plus en détail l’opportunité de disposer un ou deux nichoirs dans le lierre ou dans les ruines (rouge-queue noir, chiroptères éventuellement,
etc.).
Secteur 5 : le talus
central
Ce
talus présente un visage intéressant sur le plan de la diversité paysagère et écologique.
Peu de
travaux ont été effectué sur son sommet mais il y a lieu de prévoir tout de même un avenir à 15-20 ans où les bouleaux risquent de péricliter et déstabiliser
l’ensemble de la crête.
La
plantation de quelques jeunes arbres d’essences plus longévives sera à réaliser, en privilégiant le Chêne pédonculé et le Merisier. Une colonisation naturelle
devrait par ailleurs se développer à ce niveau du sommet à base d’arbustes locaux.
Pour
la partie de talus donnant sur le parking, l’ouverture créée par le débroussaillement, devrait voir l’ortie se développer rapidement. Il sera nécessaire
d'éviter qu'elle supplante les autres espèces.
Pour
la couverture végétale à favoriser, la ronce peut constituer une excellente alternative sur la partie haute à médiane du talus. Cette bande pourrait être assez
dense sur deux mètres de large. Un entretien régulier sera à réaliser pour éviter l’envahissement total par la ronce, notamment vers l’ourlet situé vers le
parking. A ce niveau, on adoptera un mélange fleuri faisant ourlet herbacé qui sera fauchée ou tondue 3 à 4 x/an.
Secteur 6 : le talus
Est
La
partie nord de ce secteur, le talus ombragé, doit rester en l’état, en empêchant toutefois, par l’entretien (fauche) tout risque de rudéralisation (ortie,
etc.). On privilégiera les espèces d’ombre à ce niveau et notamment les fougères dont certains plantes, trouvés sur la pente vers le futur lagunage, pourront
être transplantés à ce niveau. Quelques scolopendres pourraient également être plantés en secteur bien ombragé.
Pour
les deux zones dépressionnaires au centre et leur flanc Nord, décapage de 10 cm de litière eutrophisée avec export. On pourra tester à ce niveau la mise en
place d’un substrat plus pauvre (sables calcaires, calcaires fins) mélangé à un peu de terre végétale (20%) afin de préparer un semis de type pelouses
calcicoles à faible productivité.
Secteur 7 : la zone naturelle
Composée de deux parties principales séparées par un talus dominé par la Renouée du Japon.
La
partie la plus à l’Est (vers l’extérieur du site) sera maintenue très sauvage en l’utilisant cependant au départ comme zone de stockage de différents produits
issus du site : souches d’arbres, décapages de litière effectués sur différents secteurs
Les
souches seront disposées en tas dont la hauteur maximale n’excédera pas celle du talus à renouées. On disposera ensuite la litière organique sur ces souches en
laissant toutefois quelques interstices favorables aux lapins de Garenne. Au pied du talus à renouées, disposer en tas plus ou moins agencés (type bûcher), les
différents bois coupés dans le cadre du réaménagement initial. Intérêt pour les insectes et des oiseaux comme le Troglodyte.
On
laissera quelques souches de renouées sur une partie peu visible du secteur (intérêt pour certains insectes en hiver notamment). Veiller à contenir le
développement de l’espèce ultérieurement dans cette zone. Tout ce secteur sera d’ailleurs laissé en évolution libre et devrait se densifier par boisement à long
terme.
La
partie ouest de ce secteur, formant une plate-forme à boisement léger, sera maintenue ou favorisée dans ce paysage de couvert clair. La strate herbacée sera
composée de graminées fauchées une à deux fois pendant l’année (selon pousse). On ménagera un passage pour les promeneurs par une tonte de 1 mètre de large
créant un sentier en herbes basses.
Autour des arbres, on disposera surtout des espèces basses et fleuries type violettes. Certaines pourront être récupérées par transplantation depuis le site. On
évitera ici les espèces arbustives et buissonnantes au pied des arbres pour garder une ambiance claire. Dans cette optique l’élagage du couvert devra être
régulier pour ne pas trop obscurcir le sous-bois.
A
contrario, vers le nord de cette plate-forme quelques plants supplémentaires pourront être disposés en espacement large (au moins 8 mètres) : privilégier le
frêne commun, le merisier, les bouleaux.
Secteur 8 : le
lagunage
Secteur humide à créer et récoltant les eaux issues des nouveaux bâtiments, notamment les E.P.
A
noter que l’entretien des hélophytes autoépuratrices doit être régulier (1 à 2 ans) pour éviter l’envahissement du plan d’eau et surtout jouer un rôle
épuratoire efficace La fauche dans ce cas doit être menée en août avec exportation en déchets verts.
Sur
le talus vers la zone naturelle, limiter le boisement à un ou deux sujets peu élevés (éclairement maximal du bassin).
Secteur 9 : la lisière sud-est
En
contrebas, sur le talus, on disposera une haie de type champêtre en plantant surtout des espèces à port buissonnant ou bas.
Une
transition herbacée sera éventuellement à disposer vers la voirie en contrebas.
Secteur 10 : le
blockhaus
A
aménager pour les chiroptères, principalement pour l’hivernage.
La
préparation du site et l’aménagement des alentours du blockhaus sont à réaliser dès maintenant: obturation de la moitié de l’entrée par parpaings enduits, mise
en place d’une porte avec base pleine et haut avec barreaux (verrouillable), obturation de l’ancienne fenêtre vers l’Est, aménagements intérieurs favorables aux
chiroptères (voir détails ultérieurement)
A l’extérieur : plantation de lierre sur la face exposée vers les bâtiments, maintien en l’état de la partie face Nord-Est, comblement de la face
Est (arrière) et plantations arbustives près du grillage, décapage du sommet du blockhaus (suppression des orties, etc.) et mise en place de matériaux pauvres
calcaires sur 5 cm (récupération). Faible densité, la colonisation devant être rapide sur ce type de substrat |